Coupé du reste du monde, ou presque, pendant près de 1000 ans, le Japon a eu le temps de se forger une culture fascinante et très singulière. Le fait que 80 % de son territoire soit constitué de forêts et de montagnes a sans doute favorisé l'émergence du shintoïsme, cette croyance animiste vénérant les forces de la nature en se fondant sur le respect des divinités, les Kami. Gardiennes tutélaires d’un lieu, elles séjournent sur une montagne, protègent une forêt, se logent sous une cascade, se nichent sous quelque roche. Au-delà du mythe, le shintoïsme tend à rendre harmonieuses les relations des êtres humains avec la nature et les Kami. Par un ensemble de pratiques et de rites, le shintoïsme imprègne de nombreux aspects de la vie quotidienne. A la ville comme à la campagne, pour se concilier un kami "possesseur du sol" et s’assurer de ses faveurs, un autel lui est érigé. A noter aussi que les divinités shintô ne font pas l'objet de représentations.

Importé de Chine et de Corée à partir des Ve et VIe siècle, le bouddhisme zen est la deuxième grande religion du pays. Pendant longtemps, les deux religions ont évolué ensemble et se sont mélangées. La plupart des lieux de cultes conservent encore leur ancien mélange de symboles qui peut porter à confusion. La différence entre le shintoïsme et le bouddhisme est simple. La première religion est un système polythéiste qui compte des dizaines de milliers de divinités Kami. La deuxième est une religion basée sur l’enseignement du Bouddha et l’espoir d’atteindre l’Eveil en rompant le cycle des réincarnations.

C'est en gardant tout cela à l'esprit que je suis parti découvrir cette culture fascinante au centre de l'île principale du Japon, Honshu, entre Himeji, Kyoto, Nara, Nagoya et les Alpes japonaises.